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Autorisé en octobre 2020, le déploiement de la 5G fait débat. Dans un rapport publié le 18 décembre, le Haut Conseil pour le climat estime que l’impact carbone du déploiement de la 5G ne sera pas neutre.

Les opérateurs téléphoniques se sont mis martèle en tête. La 5G n’aura pas d’impact carbone neutre. C’est du moins ce que vient de révéler le Haut Conseil pour le climat (HCC), dans un rapport inédit sur l'évaluation de l'impact environnemental de la 5G, publié le 18 décembre. Commandé par le président du sénat, Gérard Larcher, ce rapport arrive deux mois après la mise aux enchères et l’attribution des nouvelles fréquences 5G par le gouvernement.

« Une augmentation significative » des GES

Selon ce rapport, la 5G risque non seulement d’augmenter la consommation d’électricité, mais aussi d’accentuer significativement l’empreinte carbone du numérique. En 2020, le HCC l’a évaluée à environ 15 millions de tonnes (Mt) d’équivalent CO2, soit 2 % de l’empreinte carbone totale de la France (749 Mt éq CO2,). Cela équivaut aux GES du secteur aérien. Selon les calculs publié dans le rapport, le déploiement de la 5G pourrait ajouter entre 2,7 Mt, et 6,7 Mt d’équivalent carbone en 2030. « Une augmentation significative », selon le HCC.

Tandis que la France tente d’adopter une politique environnementale limitant le taux de GES à la neutralité carbone en 2050, la 5G pourrait ralentir le processus. Ce rapport est publié tandis que les organisations environnementales et maires (de Lyon, Lille ou Grenoble) réclament un moratoire. Le HCC regrette également « l’évaluation environnementale préalable. » Selon l'instance, « seules les logiques de valorisation économique des fréquences pour l’Etat » ou de « compétitivité potentielle des entreprises françaises ont été pris en comptes. »

Renouvellement plus rapide des appareils, novelles antennes, échanges internationaux...

Seules les bandes de 3,5 GHz ont été attribuées, lors des enchères d’octobre 2020. L’Etat prévoit aussi d’en attribuer d’autres avec des bandes de 26 GHz. Mais pourquoi la 5G polluera-t-elle ? Selon Corinne Le Quéré, présidente du HCC, elle est « susceptible d'augmenter significativement » les émissions carbones, « à la fois sur notre territoire, mais aussi à l'étranger via les importations de biens électroniques et l'utilisation de centre de données à l'international. » Aussi, les appareils de type smartphones seront « renouvelés plus rapidement, avec l’émergence de nouveaux terminaux comme les objets connectés. » De nouvelles infrastructures numériques seront construites « avec davantage d'antennes, de centres de données. » Or, toujours selon Corinne Le Quéré, « tous ces objet émettent des gaz à effet de serre au moment de leur fabrication et lors de leurs usages. » Le gouvernement ne recule pas et le HCC s’inquiète :« Il faut anticiper dès maintenant les risques qui sont associés au regard de la trajectoire vers la neutralité carbone »

5 associations attaquent en justice les opérateurs téléphoniques et la procédure d’attribution de la 5G

Le HCC n’est pas la seule instance à contester la 5G. L’association Consommation logement cadre de vie (CLCV) attaque en justice les opérateurs téléphoniques qui proposent des offres commerciales 5G. Selon la CLCV, les consommateurs ne sont pas assez informés du service. En effet, le réseau ne sera opérationnel à 100 % qu’en 2030. Pour l'heure, il n’est pas disponible sur l’ensemble du territoire. L’association rejette donc l’utilisation du terme 5G dans les communications publicitaires. Selon les données de l’Observatoire du déploiement de la 5G, les grandes métropoles sont les mieux couvertes. L’association réclame que les opérateurs délivrent une information claire sur les zones couvertes par la 5G, avec des cartes précises et actualisées, mentionnant les débits moyens observés.

Observatoire du déploiement de la 5G, depuis le site de l'Arcep

A noter que les association Priartem et Agir pour l’environnement ont déjà attaqué la procédure d’attribution des fréquences devant le Conseil d’État. Le cabinet d’avocats MySMARTcab demande l’annulation des enchères d’attribution des fréquences. Et « Le collectif des 500 » citoyens préoccupés par le déploiement de la 5G, a assigné les quatre opérateurs de téléphonie mobile (Free, Bouygues Télécoms, Orange et SFR) en justice. Il demande la nomination d’un expert pour vérifier que toutes les précautions ont bien été prises pour le déploiement de ce nouveau réseau.

Le 12 décembre 2020, nous avons célébré les cinq ans des accords de Paris pour le Climat. Également appelée la COP-21, la conférence internationale a convenu de certains accords pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GAS) de la planète, et ainsi limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100. Des objectifs difficilement atteignables à en croire les scientifiques.

"Le processus onusien ne peut pas ce que les États ne veulent pas. Il n’est pas inutile, mais il est dangereux de penser qu’il puisse opérer seul une transformation aussi profonde de nos sociétés », explique Stefan Aykut. Le politiste, sociologue et auteur de Gouverner le climat ? : 20 ans de négociations internationales, en est convaincu : les accords de Paris sont une idylle « dans laquelle la communauté internationale agirait de concert pour limiter le réchauffement et aiderait les pays les plus pauvres à s’adapter. » Depuis 2015, « il n’y a pas eu une dynamique et une volonté globale, de la part de la communauté internationale, pour atteindre les objectifs inscrits dans l’Accord », ajoute-t-il.

Olivier Fontan, le directeur exécutif du Haut Conseil pour le climat, nuance ces propos : « Les mécanismes {de la Cop 21} entrent en vigueur en 2020 {…} Ce qui mérite d’être éclairci aujourd’hui, au plus vite, ce sont les rehaussements des contributions nationales de chaque pays et le décollage de l’action des pays du G20 avec des politiques très concrètes, comme l’arrêt des subventions aux énergies fossiles », explique l’ancien membre de l’équipe française de négociation de la COP21.

Un réchauffement mondiale de 3°C en 2100, malgré les accords

Malgré la présence de 195 pays et un accord pour le climat sans précédent, notre planète se réchauffe à un rythme plus rapide que ce que prévoyait initialement la science. Même si cette année 2020 a été marquée par la crise sanitaire et de surcroît la baisse des émissions de GAS, les précédentes ont laissé un bilan carbone derrière elles toujours plus important. « À l'heure actuelle, il existe même un risque croissant que l'augmentation de la température mondiale dépasse déjà 1,5 °C par intervalle au cours de la prochaine décennie », peut-on lire sur le site belge, Climate.be. Ainsi, le bilan serait bien plus lourd que les objectifs fixés entre 1,5 et 2°c pour 2100. Pour l’heure, les engagements nationaux de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (NDC), soumis lors de la Cop21, mènent à un réchauffement mondial de plus de 3°C d'ici 2 100, même pleinement mise en œuvre.

Un sommet virtuel réunissant 70 chefs d'Etat

Afin de faire un bilan de ces cinq premières années, les Nations Unies, le Royaume-Uni et la France ont organisé un sommet cette semaine, réunissant plus de 70 chefs d'État. Les pays devaient présenter des annonces ambitieuses pour participer à la conférence virtuelle. Dès l’ouverture, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé tous les dirigeants du monde à « déclarer l'état d'urgence climatique dans leur pays jusqu'à ce que la neutralité carbone soit atteinte. »

 

Boris Jonhson s’engage à interdire les ventes des nouveaux véhicules essence et diesel au Royaume-Uni, d’ici à 2030. C’est du moins l’objectif qu’il s’est fixé, dans le cadre de son plan de « révolution verte ». Une première saluée par l’ONG Greenpeace. Une première également pour le pays, en matière de lutte contre le réchauffement climatique au niveau internationale. L’objectif du premier ministre britannique est de remplir ses engagements de la COP 21, et ainsi atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le G20 s’attaque au CO2

Selon le bilan de Climate Transparency (la collaboration de quatorze groupes de réflexion et universités du monde entier), publié ce mercredi 18 novembre, les émissions de CO2 dans les pays du G20 ont légèrement baissé en 2019. Le groupe de chercheur a observé une baisse de 0,1 %, et l’explique notamment par une consommation de charbon décroissante de 2 %, dans l'ensemble des pays. Aussi, 19 des 20 pays du G20 ont sensiblement augmenté leur part de production d’énergies renouvelables.

2020 devrait battre encore des records. Selon le rapport, la crise sanitaire et le confinement pourrait diminuer de 7,5 % la production des gaz à effet de serre (GAS) dans le monde. Problème. Bien que le Brésil, la Chine et l’UE aient pris des mesures pour réduire leur consommation de charbon, « nombre des membres du G20 investissent encore dans cette énergie. » Un répit pour l'environnement certes, mais de courte durée selon les experts. « La croissance des émissions va rebondir et les objectifs de l’accord de Paris [de contenir le réchauffement bien en deçà de 2 °C, et si possible 1,5 °C] ne seront pas atteints », nuancent-ils. Ils notent aussi la cinquième position de la France en matière de financement des énergies fossiles, au sein du G20.

Trop tard pour le combat ?

Dans un autre rapport publié le 12 novembre, dans la revue Scientific Reports, les scientifiques ont observé un triste constat. Après avoir effectué une simulation du climat mondial entre 1850 et 2500, pour la température et le niveau de la mer global, ils se sont aperçus que même si les objectifs étaient tenus et les émission de GAS diminuaient drastiquement, les températures continueraient d’augmenter pendant des siècles. « Dans un monde où les émissions anthropiques de gaz à effet de serre culmineraient dans les années 2030 et diminuaient jusqu’à atteindre zéro d’ici 2100, les températures mondiales seraient tout de même plus élevées de 3 °C et le niveau de la mer plus haut de 3 mètres d’ici 2500, par rapport à 1850 », écrivent Jorgen Randers (BI Norwegian Business School) et Ulrich Goluke. Les fontes de la glace et du pergélisol Artique seraitent la cause de ces conséquences sur le climat rédhibitoires.

Mais les climatologues Michael Mann, de l’université d’Etat de Pennsylvanie, et Zeke Hausfather nuancent ce constat. Michael Mann décrit notamment ces recherches comme « un modèle de très faible complexité ». Son confrère explique quant-à-lui que « si nous maintenions les concentrations atmosphériques de CO2 constantes, le monde se réchaufferait en effet d’environ 0,5°C supplémentaire. Mais si les émissions deviennent nulles, la baisse des niveaux de CO2 atmosphérique contrecarrera un réchauffement supplémentaire, car l’océan s’équilibrera avec l’atmosphère. »

La Belgique plus touchée

Le 15 octobre 2020, l'Institut royal météorologique de Belgique (IRM) a publié un rapport alarmant. La Belgique devrait atteindre les 5°C de plus à l’horizon 2100. Les données uniquement collectées sur le territoire belges montrent que la température a augmenté de 1,9°C depuis 1890, et entre 0,27°C et 0,33°C par décennie depuis 1954. Ces données déterminent des prévisions de +0,7°C jusqu’à +5°C pour 2100, avec un réchauffement qui sera plus important l’hiver (+100 mm de pluie), engendrant trois fois plus de vagues de chaleurs. Et le pays est plus en proie au réchauffement climatique que la moyenne mondiale. Le réchauffement global actuel est de +1,1°C contre +1,9°C en Belgique. « Les Océans absorbent et ralentissent le réchauffement de l’atmosphère, soit 90 % l’excès de chaleur dus au GAS sont absorbés par Océans », explique le rapport.

L’Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), a remarqué un record dans la concentration atmosphérique de CO2 : un pic historique de 416 ppm (partie par million) mesuré en avril dernier, et ce, malgré le confinement (ndlr début de l'article). L’agence installée au Mauna Loa à Hawaï, note qu’il s’agirait de la mesure la plus élevée constatée depuis 1958… et depuis 800 000 ans (avec entre 185 et 278 ppm en moyenne). Tout en rappelant que ces nouvelles émissions viennent s’ajouter à celles déjà existantes.

Face à l’inaction climatique du gouvernement, les citoyens de la Convention pour le climat s’impatientent.

Lors de la visite d'Emmanuel Macron à la Convention citoyenne pour le climat. — Lemouton-POOL/SIPA

La crise sanitaire d’un côté, le plan Vigipirate renforcé de l’autre, et l’urgence climatique… Oubliée, pour certains citoyens de la convention pour le climat. « Le gouvernement se fout ouvertement de notre gueule. J’ai la sensation d‘avoir participé à une grande arnaque pour reverdir le président de la République et lui faire gagner du temps. Il y a quand même quatre à cinq millions d’euros qui ont été dépensés là dedans ! », déclarait Yolande Bouin, une des 130 ayant participé à la convention.

Un manque de soutien du gouvernement

Venue tout droit de Bretagne, elle a manifesté avec une dizaine de confrères et consœurs devant le parlement, le 14 octobre dernier. Soutenus par les associations (Greenpeace, le réseau action climat…), certains citoyens ont le sentiment de manquer d'appui au sein du gouvernement. Dans une lettre écrite par l’association des 150 (dont les 130 citoyens de la convention), les protestataires ont fait part de leurs ressenti. « Mis à part les difficultés techniques ou d’ordre logistique que nous avons évoquées directement avec certains de vos ministres {…} nous avons le sentiment de manquer d’un soutien clair et défini de la part de l’exécutif dont les prises de position nous apparaissent parfois contradictoires », ont-ils écrit au président, mi-octobre.

De son côté, le gouvernement avance des arguments de temps, et de choix. Le mercredi 7 octobre dernier, Emmanuel Macron a nié tout renoncement dans le 20h de TF1 et de France 2. A la question de la taxation du secteur aérien (une des mesures phares de la convention), la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, rappelait l’importance de prendre en compte le facteur covid, sur France info : « Le président {…} a dit que le secteur aérien a été durement touché par le Covid, ce que ne savaient pas les citoyens quand ils ont fait leurs propositions puisque je rappelle qu’ils les ont travaillées avant la crise Covid. » Et de rappeler vouloir repousser l’échéance des mesures, « pour que le secteur reprenne son souffle. »

Des propositions reformulées, voir rejetées

Seulement 50 des 146 propositions retenus par le gouvernement aurait été mises en place, selon le tableau de suiviactualisé par le ministère de la transition écologique, le 20 octobre dernier. Suite au conseil des ministres du 22 octobre, des membres du gouvernement ont annoncé une échéance à début décembre pour la présentation du texte, et une première version disponible, fin novembre. « Cela reste un texte prioritaire, avec la loi sur le séparatisme, pour le premier trimestre 2021 », a déclaré un proche du gouvernement.

Mais, à en croire l’association des citoyens, la date de sorti du texte importe peu. Après avoir utilisé trois jokers et approuvé seulement 147, des 150 mesures proposées, le président ne s’arrêterait pas là. Il pourrait renoncer à d’autres mesures. Le 30 septembre, Greenpeace déplorait les positions du gouvernements sur le climat.

 

Dans le cadre de l’examen du budget 2021, la commission des finances de l’Assemblée nationale aurait rejeté une vingtaine d’amendements proposées par la convention.

Parmi les 147 propositions retenues, les citoyens ont fait force de proposition avec la suppression des lignes aériennes de moins de 4h de vol, le moratoire sur le 5G, la baisse de la TVA sur les billets de trains, le malus en fonction du poids automobile, la suppression des niches fiscales climaticides, la taxation sur les engrais azotés, ou encore l’obligation de rénover les logements privés d’ici 2024... Mais au sein des ces propositions, nombreuses sont celles qui ont écartées ou revues, tel que le moratoire de la 5G ou le malus automobile.

Les pages d'accueil de sites de presse en ligne laissent voir certaines évolutions sensibles : l'évolution de la temporalité de l'information, la manière dont les publics et les sources sont intégrés.

Elles apparaissent de manière sensible à la consultation des archives de la page d'accueil de Libération entre 1997 et 2018.
En l'espace de 21 ans, la temporalité du site a considérablement évolué passant d'une page statique à une Une en constante évolution. La différence entre les années 2001 et 2005 sont marquantes : la quotidienneté ne devient plus la règle.

Yohan Hufnagel exposait en 2005, dans une interview à Politis, ses convictions sur la nécessité d'investir dans l'innovation dans le secteur de la presse. Mais il pointait surtout les dépendances de la presse à l'égard des infomédiaires (Google, Facebook) qui n'a cesse de se renforcer.

http://evolution-metiers-de-la-pressejohan-hufnagel-directeur-editionspolitishs-n062-ou-va-la-presse.mp3

Or, cette dépendance se double d'une autre contrainte pour un titre de presse quotidienne : l'érosion d'un lectorat qui va s'accélérant, selon les chiffres de l'Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias.