Extrême droite et théories du complot

Dernièrement, l’Institut Français d’Opinion Publique a publié une enquête sur le retentissement des théories du complot sur les différents classes sociales. Là encore, les résultats prouvent que l’extrême droite est davantage concernée par les théories du complot que les autres partis politiques.

 

Pour la seconde fois, l’IFOP (Institut Français d’Opinion Publique) a réalisé une enquête sur les théories du complot en France. Il s’intéresse plus particulièrement à ses adhérents et à ceux qui y sont confrontés. Il met en avant les causes (Manque de confiance en certaines institutions, certains médias.) et les classes sociales concernées. Pour se faire l’institut réalise une enquête en ligne, dite « Quotas » et trie les résultats selon le sexe, la profession, le niveau d’éducation, le niveau de vie, la situation professionnelle, l’inclinaison politique, l’âge, la région, la taille de l’unité urbaine. Les interviews se sont déroulées du 20 au 23 décembre 2018. L’enquête a été réalisée pour Conspiracy Watch et la Fondation Jean-Jaurès, deux grands acteurs dans la lutte contre les théories du complot.

La conclusion majeure de cette dernière enquête publiée en janvier 2019, est que les partisans de l’extrême droite (Adhérents au Rassemblement National et/ou votant Marine Le Pen à la Présidentielle 2017), sont davantage enclins à croire aux théories du complot.

Ce diagramme démontre que les électeurs de Marine Le Pen à la Présidentielle 2017 adhérent davantage aux théories du complot que les électeurs des autres candidats. Ils se placent en première place avec 22 % croyant à plus de sept théories (Les pourcentages montrant « Croit à 2 théories, croit à 3 théories, croit à 4 théories, ne sont pas visible dans ce diagramme pour cause de lisibilité.) Les électeurs de Marine Le Pen sont aussi les moins nombreux à ne pas croire aux théories du complot. Sans parler de vote à la Présidentielle, il se trouve que l’IFOP obtient des résultats à peu près similaires pour les partisans du Rassemblement National.

Là encore, le nombre de personnes croyant à plus de sept théories du complot est le plus important si on le compare aux autres partis. 17 % pour une moyenne de 6 %.

Cependant, le Rassemblement National est l’un des partis qui rassemblent le moins de personnes n’adhérant pas du tout aux théories (14%), derrière Debout La France (16%). Ce dernier, comme les autres partis, a un nombre plus important de non-adhérants, que d’adhérents aux théories du complot. Là encore, les chiffres concernant Rassemblement National, tout comme les électeurs de Marine Le Pen en 2017, font exception. Ils sont les seuls à avoir plus de personnes croyantes aux théories du complot, que de « non croyantes. »De manière générale, le Rassemblement Nationale a un nombre supérieur d’adhérents aux théories du complot supérieur à la moyenne de tous les autres partis politiques réunis.

Dans l’enquête, dix théories ont été exposées aux 1760 personnes interviewés. Ainsi, ces derniers ont été confrontés aux théories sur la nocivité volontaire des vaccins, l’assassinat maquillé de Diana Spencer, le grand remplacement, la présence de logos complotistes sur les billets de banque, le complot sioniste, le trafic de drogue organisé par la CIA, les Twin’s Towers, les illuminatis, la traînée blanche et nocive des avions, les Américains ne sont jamais allés sur la lune.

Ci-dessous, la courbe résume les nombres adhérents (en pourcentages) à ces théories. En aucun cas, la courbe concernant le Rassemblement National ne croise celle de la moyenne des autres partis réunis. Elle reste bien supérieur à cette dernière. En moyenne, le Rassemblement Nationale concerne 12 % de plus d’adhérents aux théories du complot, que les autres partis. Quant aux nombres de partisans de l’extrême droite qui ne croient a aucun de ces items complotistes, ils restent inférieurs à la moyenne. Le Rassemblement National concerne 14 % de moins de personnes ne croyant pas du tout aux théories du complot.

Dans l’opinion publique, il est évident que l’extrême droite, de manière générale rassemble une grande population de personnes complotistes. Parmi les items les plus véhiculés par l’extrême droite, il y a la thèse sur le complot sioniste, le reniement de holocauste et des chambres à gaz. Il y a également la thèse du grand remplacement. La population de l’extrême droite a connu un rajeunissement en 2015 avec le succès de Alain Soral sur les réseaux sociaux. Sur son site Égalité et Réconciliation qui avoisinait alors les 7 millions de lecteurs chaque mois. Comme beaucoup de sites et de personnalités faisant partie de la « dissidence », il s’est emparé du créneau que représente internet pour véhiculer ses informations « alternatives ». Là-encore, l’enquête 2019, de l’IFOP démontre très bien l’abandon des médias traditionnels pour internet. Ce dernier se place en deuxième place parmi les médias les plus visités pour s’informer, après la radio, les journaux et avant la télévision. Comme l’enquête le démontre, le Rassemblement National est sur la deuxième place des partis qui s’informent le plus sur Internet. Il est clair qu’à plusieurs reprises, les partisans du Rassemblement National ont rejeté de manière violente les médias traditionnels. L’exemple le plus criant est l’événement de l’attentat de Strasbourg. La thèse de la manipulation visant à provoquer la peur dans la population a été largement partagé au sein du parti. Jean-Marie Le Pen a récemment publié ses mémoires. Le tome 2, « Tribun du peuple » a comme angle le Grand Rassemblement, la théorie du complot. Une notion crée par Renaud Camus. Elle était utilisé, notamment durant la genèse du Front National, comme « propagande ».

L’extrême droite et ses partisans sont donc les plus concernés, les plus confrontés et les plus adhérants aux théories du complot. Cela s’explique par des personnalités aux discours souvent haineux, un patrimoine de propagande chargée de théories, un rejet des médias traditionnels et une inclinaison pour l’information sur internet (réseaux sociaux, vidéos, etc.)


Les accusations de Jair Bolsonaro qui frisent la paranoïa

Jair Bolsonaro continu de répandre des propos soupçonneux et complotistes à l’égard de certains sujets. Après les derniers incendies qui se sont multipliés dans l’État Amazonien du Para, le président Brésilien a accusé les ONG, et notamment le front mondial pour la nature (WWF) d’être à l’origine des incendies. Selon lui, la brigade de l’ONG « Aquifero After de Chao », qui aidait les pompiers sur le terrain afin d’éteindre les feux, est responsable des départs de ces derniers.

Quatre volontaires ont été incarcérés en détention provisoire car accusés d’avoir provoquer les incendies, pour réaliser des photos et vidéos afin de les revendre à WWF. Ce dernier, en les rachetant pouvait faire se multiplier les fonds internationaux. Jair Bolsonaro a également avancé la thèse selon laquelle, parmi les financements, figure celui de l’acteur Leonardo Dicaprio, d’un montant de 500 000 $.

Ces accusations au-delà d’être sans fondement, s’appuient sur de simples suspicions concernant des départs d’incendie volontaires des enquêteurs. Pour les ONG visées, les enquêtes ne démontrent pas assez de preuve. Elles réfutent les accusations, tous comme l’acteur. Bien évidemment les accusations du président ne sont pas prises au sérieux.


L’université de Montréal organise une conférence avec Vanessa Beeley

Vanessa Beeley, une blogueuse britannique a été invitée pour une conférence sur la Syrie, à l’Université de Montréal. Connue pour tenir des propos complotistes, le projet fit polémique et a été annulée.

L’université de Montréal a passé un mois de décembre délicat après l’organisation d’une conférence controversée. Samir Saul, professeur d’histoire des relations internationales a invité Vanessa Beeley afin d’exposer sa vision du conflit syrien aux étudiants, le 9 décembre. Vanessa Beeley est une blogeuse britannique très proche du régime Syrien, qu’elle défend. Adhérente à certaines théories du complot, elle a notamment assuré publiquement que les « sionistes dirigent la France » et que les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan ont été faussement attribués à des terroristes djihadistes.

Le thème de la conférence était « Comprendre la guerre du changement de régime en Syrie ». Avec ses nombreux voyages en Syrie, Vanessa Beeley se dit spécialiste du régime. Elle accuse l’État Français d’implanter un état de l’ombre et remet en cause la maniabilité des casques blancs, les secouristes qui viennent en aide aux civils syriens. Selon elle, cette organisation kidnappe et torture des enfants afin de mettre en scène leur réputation.

Conférence annulée

Alors que la conférence est organisée, les polémiques s’enchaînent à ce sujet et met l’université de Montréal dans l’embarras. Alexandre Chabot, secrétaire général de l’université s’est appuyé sur le principe de liberté de l’enseignement des chercheurs afin de faire valoir la décision qui a été prise.

Cependant, Rudy Reichstadt dénonce cette idée de présenter les thèses complotistes au même niveau que celles de scientifiques et de chercheurs. Alors que les conférences doivent impérativement avoir l’accord de CERIUM, le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal avec lequel le Groupement interuniversitaire pour l’histoire des relations internationales contemporaines collaborent, le CERIUM assure n’avoir été mis au courant de cette conférence.

Finalement, c’est avec la crainte que la conférence ne se déroule pas correctement et de faire face à un manque d’étudiant, que la conférence fut annulée quelques jours avant celle-ci.


Agents provocateurs chez les gilets jaunes : Thèse complotiste ?

Depuis le 17 novembre ou l’acte 53 du mouvement des gilets jaunes, la théorie des « policiers infiltrés», autrement appelés « agents provocateurs » a circulé sur les réseaux sociaux, si bien que CheckNews.fr, le service de fact checking de Libération, a été obligé de mener l’enquête sur le sujet.

Suite à la manifestions du 17 novembre 2019, plusieurs photos circulent sur les réseaux sociaux. Elles montrent un individu, vêtements sombres, capuche et pied de biche à la main, en train de vandaliser la stèle du Maréchal Juin, place Italie, à Paris. Un contenu souvent suivi d’une autre image de ce même individu, avec un bouclier de CRS à la main. Immédiatement, l’homme est suspecté d’être une personne infiltrée des forces de l’ordre pour décrédibiliser le mouvement. Alors que la première est issue de vidéo de l’agence de presse AP, la deuxième vient d’un compte snapchat. C’est un tweet, supprimé depuis, qui a mis le feu aux poudres.

Immédiatement, les réactions ont commencé : D’un coté, il y a des commentaires qui désapprouvent la vandalisation de la stèle, les autres qui s’interrogent sur le profil de l’individu.

Tweet d’Alexis Corbière :

«  Ces 2 images sont très troublantes. Les casseurs ont-ils volé un bouclier aux gendarmes ? Ou ce provocateur qui a saccagé le monument en hommage au Mal Juin était sous protection des forces de l’ordre ? Il faut des réponses. M. le Préfet dans quel camp étaient ces provocateurs ? » (@alexiscorbiere) Novembre 19, 2019.

François Boulo, avocat des gilets jaunes a relayé cette théorie sur son compte twitter : « Complotiste ! » Vraiment ? A la fin de la vidéo, que fait ce policier habillé en « casseur » avec un pavé à la main ? Peut-on avoir des explications ? »

«  A titre personnel, j’ai vu ce type d’individus (Policiers casseurs) mettre le feu puis retourner sur le dos une Peugeot 208 hier … Et si c’étaient eux pour le monument aussi ? Allez les médias, faites votre travail, enquêtez ! Et votre collègue grièvement blessé, on en parle ? »

Beaucoup se demande comment l’individu a fait pour rentrer dans le cortège avec un pied de biche. Il est soupçonné d’avoir eu un traitement de faveur de la part des forces de l’ordre, ou encore, d’en faire partie.

Dans une interview pour Conspiracy Watch, Sylvain Boulouque, historien, explique que cette théorie des policiers infiltrés pour décribiliser un mouvement ne date pas d’aujourd’hui. Le terme « d’agent provocateur » était déjà utilisé pour désigner les forces hostiles à l’URSS, puis plus tard, et en autres, au partie du PC.

Aujourd’hui, certains politiciens n’hésitent pas à faire usage de propos plus ou moins complotistes concernant les gilets jaunes. Dans l’émission C à Vous, Priscilla Ludosky, l’une des porte-paroles des Gilets Jaunes a déclaré : « Les forces de l’ordre ont laissé faire les casseurs hier sur les Champs Elysées et on m’a bien fait comprendre que les décisions venaient d’en haut. »

Sur les réseaux sociaux, des personnalités comme Isabelle Balkany, Gilbert Collard et Marine Le Pen adhérent à la théorie selon laquelle la décrédibilisation du mouvement est conduit selon un scénario imaginé par le gouvernement.

Finalement, le site de Fact Checking de Libération a révélé que l’individu n’est que l’un manifestant, parmi d’autres, à avoir mis la main sur ce bouclier, arraché aux forces de l’ordre.


Youtube, un outil anti-complotisme ?

Toutes ces mises en place « anti-complotisme » évoquées dans le premier article, concernent simplement les sites dits «  légitimes » puisqu’ils appartiennent à la presse et aux sites institutionnels.

Néanmoins, nous pouvons observer une recrudescence des chaînes Youtube qui se chargent de démonter les fausses informations et les théories qui circulent sur internet. Un fait rassurant puisque cette plateforme est visitée par 46 millions d’internautes chaque mois et se classe troisième site web parmi ceux les plus visités.

Youtube démontre parfaitement que si l’on peut y partager des vidéos contenant de fausses informations, on peut, aussi bien, y partager leurs « antidotes. » Ainsi, certains journalistes s’en servent pour transmettre les informations.

Un créneau pour les journalistes ?

Aude Favre (ou Aude Wt Fake) est un exemple du double enjeu pour les journalistes à l’heure actuelle. En mai dernier, elle a notamment publié une vidéo après une longue enquête sur la chaîne Lama Faché, un site qui relaie, entre autres, des théories du complot. Elle y explique la mécanique du « piège à like » visant à attirer le plus grand nombre d’internautes sur la chaîne et le mille-feuille d’arguments utilisé fréquemment par  les adeptes des théories complotistes. Mais la youtubeuse ne se contente pas de démentir de fausses informations, elle réalise aussi un véritable travail de prévention contre les fake news.

De ce fait, son travail n’est pas que d’informer, elle s’attarde aussi sur les fausses informations pour expliquer, décoder et parfois rétablir un fait. Youtube, est un canal pour toucher une communauté développée et très populaire chez les plus jeunes.

Les Youtubers qui décodent

Certaines chaînes ont choisit leurs thématiques ou ont diversifié leurs contenus afin de parler des théories du complot. C’est le cas, notamment des chaînes DeBuncker des Étoiles, La Tronche en biais, Hygiène mentale,et Defakator.

D’autres chaînes profitent également de leur notoriété pour en parler dans un format bien précis. C’est le cas de Dr Nozman qui, entre ses contenus de vulgarisation scientifique, a lancé une rubrique « Vrai ou faux ? » dans lesquelles il répond aux questions des commentaires pour accorder une véracité sur un fait, ou le démentir.


Internet, pour ou contre les théories du complot ?

Depuis l’émergence du Web 2.0, les théories du complot ont fait leur route sur les réseaux sociaux, les sites internets et les différents plateformes. En permettant une libre publication d’information, internet place à égalité une fausse et une vraie information. Cependant, depuis quelques années, les sites institutionnels, la présence de la presse et les créateurs de contenus populaires proposent du contenus pour lutter contre les infox, les fake news et les théories du complot.

Les historiens statuent la naissance des premières théories du complot lors de la Révolution Française. Elles se sont développées, étendues, et plus particulièrement depuis l’an 2000 : C’est à dire, depuis l’émergence du Web 2.0 (Wolrd Wide Web).

Ce printemps révolutionnaire fut celui de l’information instantanée, facilement accessible, ouverte à à chacun mais aussi publiables par tous. Avant cette émergence, les théories du complot circulaient sur les blogs, les forums et les premiers sites et avaient une étendues limitées.

Elles ne sont pas nées avec la toile, mais cette dernière à largement facilité leurs accès auprès des internautes. Leur effervescences fut accentuée par certains événements dramatiques de l’histoire, comme les attentats du 11 Novembre 2001.

Au delà des sites web « légitimes » des organes de presse, le Web 2.0 permet une large diffusion de contenu alternatif et l’on observe alors, et notamment depuis les dernières élections présidentielles Américaines et Françaises, une propagation inédite du conspirationnisme sur internet. Cela a une forte répercutions sur la presse et les chamboulements politiques. « Là où 15/20 ans en arrière vous auriez été peut-être découragé dans votre quête ésotérique, vous allez être aujourd’hui complètement galvanisé et enfermé dans une forme de bulle de filtres. » explique Rudy Reichstadt, fondateur et directeur du site de référence ConspiracyWatch.info. C’est ce que l’on appelle le « Biais de confirmation. »

L’un des gouvernails des théories du complot, sont les réseaux sociaux. Comme le réalisateur Thomas Huchon, le montre dans l’une de ses vidéos, les algorithmes proposent des contenus similaires à ceux qu’un internaute visite au cours de ses navigations.

En 2017, le Wall Street Journal a révélé que, parmi les vidéos d’actualité mises en avant par l’algorithme de YouTube, on pouvait y trouver des vidéos complotistes et relayant de fausses informations.

Au delà de ce problème de « non filtrage » des informations qui circulent, c’est que, lorsqu’un site comme CANOPÉ publient des articles numériques visant à déconstruire une fausse information, les algorithmes vont proposer du contenu similaires, ou presque. Dans l’exemple de cette vidéo, au lieux de proposer les articles déconstruisant le complotisme, le réseaux social propose des articles qui encourage cette mouvance.

Les moyens employés pour lutter contre les fausses informations

Si internet a favorisé l’essor du complotisme, il développe également le « contre-complotisme », aussi bien. En permettant une circulation rapide et le partage de nouveau mode de communication, il peut aussi servir d’observatoire et permet aux « anti-complotisme » de s’exprimer avec les mêmes conditions.

En 2018, le site Reporters’Lab comptait plus de 149 projets de site de Fact-Checking4 développés, notamment, par les titres de presse comme Le Monde ou Libération. Le nombre d’outils de vérification a augmenté de 30 % en 2017.

Parmi eux, il y a Arrêt sur Image, Désintox et Les Décodeurs. Les médias ont diversifié leurs méthodes de travail. Ce format consiste à démonter les fausses informations qui circulent et permettent, à leurs internautes, de ne pas tomber dans les mécanismes de la désinformation, quel qu’elle soit.

Il y a aussi une diversification des contenus dans certains médias. Arte et France Culture, pour ne citer qu’eux, proposent des vidéos et des podcasts qui déconstruisent les plus grandes théories du complot, contrairement aux Fact-Checking, ils incluent ces sujets dans leurs contenus initiaux.

Le Web 2.0, permet de créer de l’interaction entre les créateurs de contenus et leurs internautes. Plusieurs expériences ont été réalisé afin de plonger dans la mécanique du complotisme sur internet. Certains sites comme CANOPÉ ou Charlatans.info proposent de participer, sois-même, à la construction d’une théorie. Ces animations tendent à informer les internautes et à leur rappeler la manière vérifier les sources d’information. En faisant cela, les fondateurs de ces méthodes créaient un vrai lien avec les internautes.

D’autres se contentent d’observer le chemin qu’emprunte une information, en s’éloignant de leurs cibles. Cette dernière devient alors, un sujet d’observation pour mieux comprendre la mécanique du complotisme « 2.0 »

Certains sites anti-complotistes comme l’équipe de Conspi-Hunter ont monté un complot de toute pièce avant de participer à la propagation d’une l’entité à travers les réseaux5. En 2016, signé du « réalisateur » Lionnel Perrotinn, le faux documentaire défend l’idée que les États-Unis auraient implanté le sida à Cuba puis en Afrique. En partant de l’histoire du Blocus de Cuba et en utilisant les mêmes procédés techniques que les créateurs de contenus conspirationnistes, le site à pu observer la circulation de l’information et quelle était son influence auprès des amateurs de ce type de contenus, complotistes ou non.

Les outils et contenus pour lutter contre les fausses informations et les théories du complot se développent sur le Web 2.0, la même entité qui avait permis, depuis les années 2000, une recrudescence de communication complotiste. Les sites légitimes sont suivis par les sites populaires, accentuant la demande pour que les réseaux sociaux fassent évoluer leurs algorithmes afin de hiérarchiser les sources et les contenus.


Bibliographie :

Bot, Olivier. « Chapitre 3. Les pièges du Net », , Chercher et enquêter avec Internet. sous la direction de Bot Olivier. Presses universitaires de Grenoble, 2018, pp. 91-104

Josset Raphaël, Reichstadt Rudy, Taïeb Emmanuel, « ‪Le conspirationnisme 2.0‪. Entretien avec Raphaël Josset et Rudy Reichstadt », Quaderni, 2018/1 (n° 95), p. 79-94. URL : https://www-cairn-info.passerelle.univ-rennes1.fr/revue-quaderni-2018-1-page-79.htm

« Fake News : le nombre de projets de fact-checking a triplé en 4 ans ». Meta-media | La révolution de l’information, 27 février 2018, https://www.meta-media.fr/2018/02/27/fake-news-le-nombre-de-projets-de-fact-checking-a-triple-en-4-ans.html.

Spicee. « Comment nous avons piégé les complotistes ». spicee.com, 10 décembre 2015, https://www.spicee.com/fr/program/comment-nous-avons-piege-les-complotistes-632.