Un tweet sur le devant de la scène

Un mouvement de grève nationale contre la réforme des retraites touche la France. Alors quand le président est identifié au théâtre, les manifestants l’attendent à la sortie.

La pièce de théâtre “La Mouche” de Christian Hecq a fait beaucoup de bruit ce vendredi soir. Une prestation incroyablement réussie ? Une salle bondée ? Non pas vraiment. Plutôt, un président de la République prenant du bon temps alors qu’une grève nationale touche le pays. La présence d’Emmanuel Macron au théâtre des bouffes du nord a été signalée sur Twitter par le journaliste Taha Bouhafs sur Twitter :

Des manifestants et manifestantes attendaient le président à la sortie du théâtre. Il s’est finalement échappé par une autre sortie. Le journaliste a été accusé de militantisme et de ne pas être journaliste. Il a été arrêté et mis en garde à vue pendant 24h.

Cette arrestation a fait polémique sur les réseaux sociaux opposant ceux qui défendent Taha Bouhafs en tant que journaliste et ceux qui l’accusent de militantisme.

Morgane Guiomard

La culture fait la grève

Le jeudi 9 janvier 2020, une manifestation nationale a eu lieu contre la réforme des retraites. La culture était dans la rue.

Après la SNCF, les journalistes, les professeurs, les avocats… La grève touche aussi la culture.

Contre la réforme des retraites et contre le Plan de Transformation Ministériel, la culture se met aussi en grève. “Toute la culture dans la rue” ou encore “Le Louvre en grève” pouvait se lire sur les panneaux des manifestants. Les artistes qui n’avaient pas réellement pris place dans ce combat, s’inquiètent aussi pour leur retraite et se fédère sous le label “Art en grève”. Plusieurs musées comme le musée national Picasso Paris, le musée du Louvre ou le musée national et domaine du château de Pau étaient fermés le 9 janvier en soutien au mouvement de grève qui touche plusieurs secteurs professionnels depuis quelques mois. Des opérations qui appellent à la révolte de certaines personnes mais qui sont mises en place pour éveiller les consciences sur la retraite qui recule pour eux aussi.

Morgane Guiomard

Art vivant. Une économie déficitaire

Une étude sortie en 2016, écrite par Isabelle Barbéris et Martial Poirson, explique l’économie du spectacle vivant.1Pour comprendre l’économie du spectacle vivant, il faut s’appuyer sur une théorie de 1965. Celle de deux économistes : W.Baumol et W.Bowen. Ils se sont penchés sur la compréhension des raisons de la montée des cachets des artistes alors qu’il y avait une diminution du nombre de représentations artistiques. Beaucoup de théâtres, déficitaires, ont dû fermer à l’époque.

Leur théorie de la “fatalité des coûts” cherche à prouver que le secteur du spectacle vivant repose sur un déficit structurel. Les économistes expliquent ce déficit par le différentiel de ressources économiques entre “la hausse des coûts et la stagnation des gains”. Leur théorie repose sur l’hypothèse qu’il existerait deux secteurs de l’économie. Le premier dit “progressif” aurait une productivité de travail élevée qui générerait des gains de productivité par le capital, l’innovation et les économies d’échelles. Dans le secteur “progressif”, le travailleur est un intermédiaire entre les produits manufacturés et le consommateur. Le second dit “archaïque” aurait une faible productivité qui générerait une incapacité à générer des gains de productivité, le travailleur n’est pas un intermédiaire mais une source de travail. Le spectacle vivant étant située dans le secteur dit “archaïque”. Ils en arrivent donc à la conclusion que le déficit est inévitable dans ce secteur où le “renchérissement des coûts de production est supérieur à celui de l’inflation, et surtout à celui de la hausse des recettes”. Ce à quoi ils répondent que les organisations culturelles doivent demander de plus en plus d’argent à leurs partenaires. L’apport de ces partenaires ayant une limite, il faut que l’argent vienne d’une autre source pour que le spectacle vivant continue ( des aides publiques par exemple).

1Barbéris Isabelle, Poirson Martial, L’économie du spectacle vivant. Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2016, 128 pages.