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Sport et handicap : entre mauvaise communication et inaccessibilité

Les bienfaits du sport sur la santé physique et mentale ne sont plus à prouver. Plus qu'une option, l'activité sportive est un droit. Pourtant en France, seulement 5,5% des personnes handicapées pratiquent en club. Parmi les principales raison avancées : l'inaccessibilité aux équipements sportifs. Comment est-ce encore possible dans un pays où l'accessibilité est obligatoires depuis 2005 ?

En 2015, est parue une enquête inédite sur le handicape et le sport en France. Bien qu'elle n'est eu qu'un faible retentissement médiatique, elle n'en n'est pas moins inintéressante. Initiée par la Françaises des jeux, cette étude a été menée auprès de 1 127 Français âgés de 16 à 64 ans, en situation de handicap moteur, visuel ou auditif. On y découvre que la grande majorité d'entre eux sont intéressé par le sport. Presque 30% y trouvant un intérêt pour leur handicap, notamment via de la rééducation. Par ailleurs, l'enquête met en lumière les principales raisons qui freinent ces mêmes personnes à pratiquer une activité physique en club.

Ainsi, la moitié des interrogés reconnaissent ne pas pratiquer pour des motifs exogènes (manque de temps, de moyen ou de motivation). Mais la santé ou le handicap eux-mêmes imposent, pour 43 %, des limites que les personnes handicapées ont du mal à dépasser. La réticence ou la difficulté à entrer en relation avec les autres sont également considérées (17%), ce qui peut expliquer que la majorité des sports pratiqués sont dits "solitaires" (marche, randonnée, natation, cyclisme, course à pied...). Enfin, et c'est là le point qui nous intéresse le plus, 16% des personnes handicapées interrogées évoque l'inaccessibilité des infrastructures sportives et du matériels. Autant les autres raisons s'expliquent principalement par une mauvaise communication des acteurs du secteurs (il existe 3 fédérations, des milliers d'associations et de nombreux dispositifs gratuits dédiés à la pratique sportive adaptée), autant celle-ci se veut plus structurelle.

Qu'est-ce que l'accessibilité dans le sport en France ?

D'après la Délégation Interministérielle aux Personnes Handicapées, l'accessibilité "permet l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap, en réduisant, voire supprimant, les discordances entre les capacités, les besoins et les souhaits d’une part, et les différentes composantes physiques, organisationnelles et culturelles de leur environnement d’autre part". Il est donc question d'accessibilité à un lieu pour des handicapés physiques et d'accessibilité à une information pour des handicapés sensoriels.

 

En France, la loi impose à tout établissement recevant du public d'être accessible à tous. Ce qui veut dire qu'un équipement sportif doit impérativement permettre à toute personne, quelque soit son handicape, d'entrer, de circuler, de sortir, et de bénéficier de toutes les prestations offertes au public, dans les mêmes conditions. Pour ce qui est des infrastructures antérieures à ces lois, les gérant sont incités à réaliser des travaux d'aménagement de l'accessibilité, notamment via l'Agenda d'Accessibilité Programmée (Ad'AP).

Si les gymnases demeurent encore inaccessibles à tous, c'est majoritairement du fait de l'absence de travaux d'aménagement. Les gérants de ces infrastructures invoquent notamment des raisons budgétaires, mais aussi de nombreux cas complexes d'optimisation des accès. Ce qui est sûr, c'est qu'en 2024 Paris accueillera les Jeux Olympiques et paralympiques. La capitale veut faire office d'exemple en matière d'accessibilité et va réaliser de nombreux travaux en ce sens. Alors il n'y plus qu'à espérer que le vent d'inclusion sociale qui souffle sur Paris, gagne le reste du territoire nationale pour que le sport puisse enfin faire le bonheur de tout le monde.

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