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Papa, Maman, je vais faire des études de jeux-vidéo

Sur ces dix dernières années, le secteur esportif a grandi partout à travers le monde. En 2019, son chiffre d'affaire est estimé à plus de 1,1 milliard de dollars en 2019 pour des audiences estimées à presque 500 millions de personnes. En France, l'esport est une opportunité pour de nombreuses entreprises privées qui ont décidé de créer leur propre école de gaming. Mais que valent vraiment ces dernières ?

Depuis 2016, l'évolution de la législation a permis à l'esport français de se structurer en tant que secteur sportif de compétition professionnelle. Si le développement de l'esport en France est encore bien loin de celui de la Corée ou des États-Unis, le pays est tout de même reconnu dans le monde entier comme étant une terre clairsemée de graines de champion. Chaque année, de très bons joueurs français se font remarquer via leurs performances exceptionnelles sur les scènes internationales. Une renommée pourtant difficile à acquérir dans ce secteur où les joueurs (notamment asiatiques) travaillent d'arrache-pied dans leurs équipes respectives pour devenir les meilleurs.

Une trentaine d'élèves ont intégrés la Paris Gaming School en 2017, année de son ouverture.      © Le Figaro

Avant de performer devant un public étranger, les joueurs français doivent d'abord se démarquer à l'échelle nationale. C'est justement sur ce credo que de nombreuses entreprises privées ont basé un nouveau business qui fleurit depuis maintenant 5 ans. L'idée est simple, propulser des jeunes talents en les faisant intégrer des écoles d'esport. Elles sont aujourd'hui une vingtaine disséminées sur tout le territoire français. De la Paris Gaming School à Montreuil, en passant par la Digital Gaming School de Bordeaux, la Hélios Gaming School de Freyming-Merlebach en Moselle, la Montpellier Talent Players, ou encore la Power House Gaming de Mulhouse. Toutes ont un point commun : elles font miroiter à leurs étudiants la possibilité de devenir joueurs professionnels. Ce qui, bien sûr, est loin d'être aussi simple.

Des formations aguicheuses ...

Ce qui pose de nombreuses questions, notamment du point de vue des structures esportives elles-mêmes, c'est la cible visée par ces écoles. Leur public n'est autre que de jeunes adolescents en quête d'une formation pour leur première année dans le secondaire. Autrement dit, des personnes souvent vulnérables car déjà à l'écart du système scolaire, perdues dans les orientations professionnelles et surtout guidées par un loisir qui prend de plus en plus de place dans leur vie : les jeux-vidéos. À ces jeunes déboussolés, les école de gaming leur offrent une porte de sortie qui s'avère loin d'être sûre pour leur futur.

La principale raison en est le coût de la formation. En France, un étudiant inscrit dans ce genre d'école doit payer en moyenne 10 000€. Les établissements justifient se prix élevé par des équipements d'esport à la pointe (gaming houses toutes neuves, ordinateurs surpuissants, consoles next-gen, chaises de gaming ultra-confortables...) ainsi que des intervenants de qualité, issus de l'esport professionnel (joueurs pros, coachs, manageurs...). Une formation qui coûte cher, d'autant plus lorsque l'on sait qu'aucun cursus de ces écoles n'est encore reconnu par le Ministère de l'enseignement supérieur. Une valeur ajoutée qui reste donc à prouver...

L’Helios Gaming School a ouvert en septembre 2019 tout près d’Epinal, dans les Vosges. On dénombre 25 élèves à la rentrée 2020, dont une seule fille.                     ©GABRIEL LOISY / HANS LUCAS POUR "LE MONDE"

Le deuxième aspect qui pose question vient tout droit de la réalité du secteur esportif. Comme le précise l'association France Esports, près de 500 étudiants sortiraient chaque année des écoles de gaming. Pourtant, à peine 1000 personnes vivent actuellement de l'esport en France. "En 2018, on comptait 180 joueurs sous contrat avec des structures en France. Et tous ne bénéficient pas de revenus qui leur permettent d'en vivre ! On en compte moins de 100 avec un revenu supérieur au smic », détaillait Nicolas Besombes (vice-président de France Esports), dans une interview au Monde. Le rêve des étudiants ne devient que très rarement réalité...

Des postes à pourvoir dans l'esport

Tout n'est pas noir dans le portrait des écoles d'esport. Même si leur approche est dangereuse pour les étudiants qui rêvent de devenir joueurs pro, la formation dispensée leur ouvre de nombreuses portes dans l'esport. Le domaine est très vaste, il offre une large diversité d'emplois. Avec son expansion à vitesse grand "V", de nouveaux postes sont régulièrement à pourvoir. Les structures spécialisées ainsi que les médias qui entourent l'esport ont besoin de personnes qui connaissent bien le domaine.

Et les écoles de gaming forment précisément au business de ce secteur. Les connaissances qu'e les étudiants acquièrent leur permettront peut-être de devenir un jour chefs de projet, commerciales, analystes, casteurs, voire même journalistes esport. Pour des élèves studieux qui ne sont pas venus uniquement dans le but d'améliorer leur skill sur un jeu, les écoles de gaming  peuvent être un tremplin pour leur avenir. Alors pour les jeunes qu'elles intéressent, il est impératif de se renseigner sur le contexte de l'esport professionnel, ainsi que sur le descriptifs exactes des cours proposés.

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